Inversion des valeurs, perversion du réel

Par Laurent Murawiec, article publié par Metula News Agency

La caractéristique de l’idéologie, c’est de voir ce que l’on croit au lieu de croire ce que l’on voit, avait jadis écrit Alain Besançon. Une vision sélective et déformée du réel le transforme en ce que l’on désire, on prend ses désirs pour la réalité ; le « voyant » réduit le réel à ce qui cadre avec la conception qui l’anime à l’exclusion de tout le reste.

Une vision non-idéologique, au contraire, s’efforce de bricoler un modèle de la réalité qui ne lui soit pas trop infidèle : elle est, par définition, connaissance approchée. Elle essaie de converger cahin-caha avec le réel. L’idéologue, lui, croit en une version inconditionnelle des choses, et que nul fait ne pourra réfuter (voir ce qu’en dit le philosophe Karl Popper).

Le croyant sait qu’il croit, l’idéologue croit qu’il sait, différence essentielle, puisque l’un fonde la religion, qui parle du surnaturel en sachant qu’il « n’est pas de ce monde », alors que l’autre prétend parler du réel et ne parle que de son fantasme du monde.

Ce sont les récents événements de la Guerre de Gaza, ou plutôt leur réfraction dans l’opinion publiée, dans les médias, chez les hommes politiques, les diplomates, les universitaires et les classes bavardeuses, qui suscitent cette réflexion : la guimauve sentimentaliste dégouline de tous côtés pour décrire la « souffrance des Palestiniens ».

A la bourse victimologique, le « Palestinien » vaut bien plus que le Darfourien massacré par les Arabes du Nord-Soudan, l’Iranien lapidé ou pendu par les mollahs, la fillette pakistanaise ou afghane décapitée ou défigurée à l’acide par les Talibans, l’Indien de Bombay ou du Cachemire assassiné par les moudjahidines islamistes.

Divisez le nombre de palestiniens par les centimètres de journal (ou es minutes télévisées) qui leur sont consacrés, vous obtiendrez un ratio qui défie toute concurrence, une proportion disproportionnée. Ce demi-monde de trop volubiles discoureurs sélectionne soigneusement ce qu’il « voit », à l’exclusion du reste.

Étrange distorsion : en 1970, lors de « Septembre Noir », les Jordaniens ont occis 30 000 Palestiniens, femmes et enfants compris, en bombardant à l’aveuglette les camps palestiniens d’Amman. En 1982, le dictateur syrien Assad (père), fit donner l’artillerie et l’aviation sur le centre ville de Hama (400 000 habitants) et exterminer 20 à 25 000 de ses compatriotes. Dans les années 80, la coalition syro-palestinienne et associés massacra les autres Libanais, chrétiens au premier chef, par dizaines de milliers. L’ayatollah Khomeiny et ses séides exterminèrent tant et plus, par centaines des milliers, des enfants envoyés marcher à travers les champs de mines, avec, au cou, une clé en plastique « pour entrer au Paradis ».

Nasser, Sadate et Moubarak pendirent, torturèrent, firent tirer dans le tas sans vergogne ; Saddam Hussein gaza les villageois, massacra par familles et clans entiers. La liste n’est pas limitative. Chacun des grands massacres commis par les dirigeants arabes et musulmans a tué bien plus que la totalité des victimes arabes du conflit israélo-palestinien. Aux yeux des bavards professionnels, l’Arabe en général ne vaut rien : c’est un sous-homme; le seul Arabe médiatique, c’est le Palestinien mort. Ne comptez pas sur CNN pour s’intéresser aux autres. Dans les pays arabes, les assassins au pouvoir, solidaires, font le silence sur les atrocités commises par leurs frères en infamie, sauf si un avantage propagandiste passager peut y être gagné : le silence de l’intelligentsia arabe sur les crimes de Saddam Hussein contre le peuple irakien fut assourdissant.

Comme s’en indignait l’intellectuel irakien Kanan Makiya dans son grand livre Silence and Cruelty : War,Tyranny, Uprising and Massacre in the Arab World (Le silence et la cruauté : guerre, tyrannie, insurrection et massacre dans le monde arabe). Comme les régimes, partout, contrôlent les médias, la « rue arabe » n’en apprend rien. Elle pourra d’autant mieux gigoter en face des caméras quand on lui en donnera le signal.

Mais ici, en Occident, prévaut la formidable disproportion entre l’inattention prêtée aux immenses crimes commis d’un côté, et l’attention obsessionnelle prêtée au résultat des actions menées par Israël ; cette disproportion révèle une distorsion mentale bien plus qu’elle ne reflète une réalité quelconque. C’est une singulière déformation du réel dans la vision du monde qui présente une image faussée du Moyen Orient. Cette déformation est d’autant plus frappante, qu’elle est systématique, permanente et à sens unique. Mais elle n’est pas sans précédent.

Hier c’était l’adulation des régimes « progressistes » arabes, le despote Nasser en tête, le « socialisme » syrien, l’islamo-marxisme iranien, le « progressisme » de Saddam. Aujourd’hui, c’est la passion qui s’empare des journalistes justiciers et moralisateurs pour la Victime parfaite, le Palestinien – et, comme chaque victime absolue a besoin d’être causée par un diable, l’Ange violenté l’est par un Satan. Je ne suis pas le premier à m’émerveiller devant cette pure et simple répétition de la haine des Juifs du monde médiéval européen.

Mon maître, Léon Poliakov, avait élaboré le concept profond de « causalité diabolique » pour la décrire : il fallait un Satan pour pseudo-expliquer les infortunes du monde. Hosanna ! Nous avions perdu notre Satan aux alentours de 1945. Nous l’avons re-trouvé ! Réjouissons-nous, le monde marche de nouveau, non plus sur ses pieds, ce qui était inconvenant, mais sur sa tête, sans s’encombrer de cette fâcheuse importunité qu’est la réalité. Les fictionnaires ne prennent qu’une photo unique : celle de la femme palestinienne qui a perdu sa maison éventrée.

Chacun devrait le savoir et y penser : dans la mesure où la photo n’est pas purement et simplement truquée ou le fruit d’un montage ou d’une mise en scène, qu’y a-t-il avant la photo, en amont pour ainsi dire ? Y a-t-il un Hamas qui a de propos délibéré rompu la trêve ? Un Hamas qui vole l’aide internationale pour la revendre au prix fort et faire dire par ses perroquets préférés du Monde et de Reuters qu’Israël a monté un blocus qui cause une crise humanitaire ? Un Hamas qui a lancé des attaques de terreur sans nombre contre les points de transit où passait le commerce entre Israel et Gaza, forçant Israel à les fermer ou à les restreindre ? Un Hamas qui a balancé plusieurs milliers de roquettes sur les villes du sud d’Israël ? Un Hamas, dont la Charte exige inconditionnellement la destruction d’Israël et le massacre des Juifs ? Un Hamas qui place ses lanceurs de projectiles dans les hôpitaux, les écoles, les mosquées – sachant que les Israéliens hésiteront à les frapper, que les médias se jetteront comme des prédateurs sur les morts éventuelles de boucliers humains ? Un Hamas qui préfère sacrifier la population (« martyre »), chair à canon, parce que les chairs sanguinolentes valent cher sur la BBC, France 2 et autres professionnels du trompe-l’œil ?

Le Hamas promeut ce Grand-Guignol parce que le théâtre vivant permet à ses propagandistes de stigmatiser le Satan, en occultant le contexte, l’amont, l’histoire et le contenu, pour ne présenter que les horreurs de la guerre. Il n’y a pas de cause – hormis Satan – il n’y a que des effets ! Tel est l’effet d’une acceptation inconditionnelle du fabliau-fiction arabo-palestinien, qui est devenu, qu’on me pardonne l’expression, vérité d’Evangile pour la victimophilie pro-palestinienne d’esprits dérangés, quoique nombreux.

J’y vois la confluence de deux phénomènes : d’un côté, l’effacement progressif de la honte postérieure à la Shoah. « Y’en a marre de ces histoires de génocide. On ne va pas passer l’éternité là-dessus, quand même ! ». Les arbitres des élégances du politiquement correct répètent, sans le savoir, à la virgule près, ce que l’extrême-droite négationniste martelait dans les années soixante et soixante-dix (elle imite également le monde stalinien qui niait en bloc que le Nazisme ait visé les Juifs en tant que tels).

D’un autre côté, l’époque contemporaine est caractérisée par ce que le philosophe allemand Friedrich Nietzsche avait appelé « l’inversion de toutes les valeurs». Expliquons-nous : Comment peut-il se faire qu’une organisation-filiale des Frères musulmans, qui prêche la haine et la destruction de l’Occident, la soumission manu militari des dhimmi, l’instauration universelle de la charia, crucifixion, lapidation, amputation comprises ; qui, à de nombreuses reprises, a procédé à des massacres à grande échelle d’opposants palestiniens (sans parler des Israéliens, on s’en fiche, voir plus haut), qui terrorise sa propre société, bannissant, interdisant, fulminant ; qu’une organisation qui démontre sans cesse qu’elle se contrefiche du bien-être de ses compatriotes, que seul compte le djihad ; qu’un Palestinien ne vaut que « martyr » mort : comment se fait-il donc que le Hamas ait recruté comme valets de plume et d’image, qui cachent soigneusement ce qui ne peut être montré ni avoué, qui opèrent comme les appendices médiatiques de la propagande du Hamas, qui acceptent d’opérer sous son contrôle et sa censure, une grande partie des médias occidentaux ?

On ne s’étonne pas de l’abjection des goebbelsiades qui font l’ordinaire d’Al-Jazeera, dans le lointain Qatar. On a la faiblesse de s’interroger sur celle des radios, télévisions et journaux occidentaux. Comment expliquer leur inversion des valeurs ? Souvenez-vous, ce que je décris à propos de Gaza valut également, en Août 2006 au Liban, quand il ne fut pas d’énorme mensonge proféré par les metteurs en scène du Hezbollah, qui ne fut avalé et resservi par cette trop docile presse occidentale. Toujours consentante à écrire sous la dictée des barbus de l’Islam, tant qu’elle peut publier des photos (truquées) qui accablent les ennemis israéliens des tueurs chiites.

La pratique devenue normale et habituelle des médias occidentaux, à quelques exceptions près, c’est de titrer : « Pearl Harbour : attaque des Américains contre des avions japonais » en ne mentionnant qu’en petit et à la fin l’attaque nippone. Cette inversion du réel aura été permanente au cours du XXème siècle. Le putsch bolchévique d’Octobre 1917, nervis et bas-fonds lancés à l’assaut des bâtiments publics de Saint Petersburg par un doctrinaire cherchant l’occasion de mettre en application ses utopies sanglantes ouvrit le bal. Les appels hypocrites de Lénine à donner « la terre aux paysans » et «tout le pouvoir aux Soviets » – avant de confisquer l’une et l’autre –donnèrent l’impression, avec ses exhortations à l’Apocalypse révolutionnaire universelle, que le Soleil s’était levé pour la première fois, que la Fin de l’Histoire, prédite par Marx et tous les Utopistes, étaient proche.

Chez les peuples européens, secoués par les horreurs du premier conflit mondial, l’écho fut retentissant : on voulait que cela fût vrai afin que prenne fin l’épouvante et que commence l’Ere nouvelle. Pour les intellectuels, l’Homme nouveau ferait table rase de la «société bourgeoisie ». La « bourgeoisie », cette fiction idiote, réunissait le mépris aristocratique des classes moyennes et la détestation bohème d’une société réglée et ordonnée. Elle idéalisait l’héroïsme aux dépens des vertus qui furent baptisées « victoriennes ». Elle appelait de ses vœux l’Apocalypse où le Héros renverserait la « société marchande », et nommait le Prolétariat Rédempteur messianique de substitution. L’inversion du réel est fondée sur une inversion des valeurs. Le rejet des valeurs « bourgeoises » (alors que l’Europe de 1914 n’est qu’au sens le plus minime du terme « capitaliste » et était, en vérité, très largement soumise aux forces littéralement féodales, (comme l’Empire allemand de Guillaume II) exigeait que l’on idolâtre ses ennemis. Tout ce qui s’opposait, ou prétendait s’opposer, à la société «bourgeoise » devint bon ; tout ce qui voulait la renforcer devint mauvais (d’où les intéressants va-et-vient entre nazis et communistes). Moscou, où affluaient les escrocs et les fanatiques, les charlatans et les aventuriers, les idéologues et les désaxés, devint le centre de redistribution intellectuel de ces valeurs inverties qui exaltaient la destruction radicale de l’Occident : Musulmans devenus « rouges », anarchistes communisés, officiers reconvertis de l’Armée et de la police secrète du Tsar, démagogues assoiffés de pouvoir, mystiques et pornographes-tueurs à la Raspoutine. Cela s’appelait l’Internationale communiste. C’est elle, et c’est eux, qui donnèrent le « la » aux versions délirantes de la politique du XXème siècle, qui, par la grâce des positions importantes occupées par l’intelligentsia politico-ambitieuse, enivrée de son propre romantisme, devinrent souvent les versions acceptées, à l’école et à l’université, dans la presse et la littérature.

Un exemple entre tant d’autres, le même poète français qui écrivait, en 1937, « Il nous faut un Guépéou » (au beau milieu des méga-massacres commis par la police politique de Staline) expliqua, dans son exaltation, que « nous fûmes les premiers à voir les nuages plus bas que nous » ! Assis sur des monceaux de cadavres, ce Louis Aragon, qui acclamait le crime, se croyait artisan de la rédemption du monde ; il n’était que le plumitif des criminels. On n’en finirait pas d’énumérer ces interprétations délirantes. Le «Grand Bond en Avant » (1959), qui fit 30 millions de morts, et la Révolution culturelle chinoise (1965), qui ajouta plusieurs millions de morts au palmarès, créaient l’Homme nouveau. Pol Pot (formé par des intellectuels communistes français) « libérait» le Cambodge en 1975 et lançait l’extermination de 30 à 40 pour cent de la population du pays, mais il était également libérateur. Tortionnaire et geôlier, Fidel Castro était l’idole. L’assassin exalté Che Guevara devenait la rock star de la révolution. Et j’en oublie tant, du chef communiste Ho Chi-Minh, qui sacrifia des millions de Vietnamiens à ses lubies idéologiques (ses successeurs mendient aujourd’hui les investissements étrangers qu’il voulait chasser), aux émules exterminatrices qui régnaient en Angola, au Mozambique, en Ethiopie, au Ghana et en Guinée, au Nicaragua et au Zimbabwe, et dont le « socialisme » à la sauce africaine, asiatique ou latino-américaine se traduisait immanquablement par le règne de la mort et l’essor des cimetières.

Aujourd’hui, c’est cette icône à la vulgarité gluante d’Hugo Chavez, avec les ficelles de caudillo sanguinaire qui lui pendouillent de partout, qui est l’idole des pervers de l’intellect assemblés au Forum social mondial. Et sous la même bannière socialiste ou communiste, le monde arabo-musulman ne restait pas en arrière : quel pavillon plus apte à déguiser la soif effrénée de pouvoir de psychopathes convaincus de leur « mission » ? Ce qui importe, de la canonisation des assassins à la Robespierre ou Saint-Just à l’adulation vouée à Arafat, c’est l’imposition d’une version de l’Histoire où l’anticapitalisme, l’anti-impérialisme, l’antisionisme, la haine de l’Occident et de leurs figures symboliques, devenaient des vertus.

Pour que réussissent les aventuriers de l’horreur, Il fallait que lesintelligentsias et les diplomates, les journalistes et les professeurs les bénissent et prononcent avec génuflexions admiratives leurs messes et leurs sermons approbateurs. C’est ainsi que Michel Foucault se fit le chantre de l’Ayatollah Khomeiny et de la révolution islamique iranienne ! Il n’est pas de tyran de gauche ou d’extrême-gauche, de national-socialiste du tiers-monde, qui n’ait trouvé pour l’encenser quelques intellectuels de la Rive Gauche, de Bloomsbury, de Harvard Square, de Kreutzberg ou de l’Università statale.

Un politique français, aujourd’hui oublié, mais qui joua longtemps un rôle de premier plan, le radical Edouard Herriot, visita l’Ukraine en1933, alors qu’agonisaient six à sept millions de paysans à raison d’une famine artificielle, orchestrée par Staline et son régime. Le dramaturge et socialiste britannique George Bernard Shaw fit de même : l’un et l’autre proclamèrent urbi et orbi que tout le monde mangeait à sa faim en Ukraine, et que les rumeurs de famine n’étaient que racontars antisoviétiques. Ah ! Quels beaux esprits ! Il fallait le génie d’un George Orwell pour démonter leurs ressorts et les montrer dans toute leur misère morale et intellectuelle. Les bavards et les menteurs ne lui ont pardonné ni 1984 ni La ferme des animaux, ces portraits violemment ressemblants, pas plus qu’ils n’ont pardonné aux grands démystificateurs, comme Raymond Aron ou Albert Camus, qui s’étaient exclus de la communion des « grands esprits » serviles à l’Esprit du Temps et à ses maîtres-tueurs.

Ces clercs qui faisaient et font profession de penser ont trahi la vocation censée être la leur : au lieu d’analyser le monde, ils ne pensent plus, ils sont la claque des égorgeurs. Ils ont prit Marx au mot, « Il ne s’agit plus de comprendre le monde, il s’agit de le transformer ». Ce mot d’ordre lapidaire est parfaitement clair : il faut déformer le monde et en donner un rendu trompeur afin de faire nos quatre volontés. Ils sont les porteurs de l’abomination que j’ai dénommée l’inversion du réel, parce que leurs valeurs sont inverties : la destruction, le néant, la ruine du monde occidental sont leurs idéaux. Ils se sont faits les agents de l’effondrement qu’ils appellent de leurs vœux ; ils sont ce que Goethe faisait dire à son Méphistophélès, Ich bin derGeist, der stets verneint, « je suis l’esprit qui toujours nie ».

Comment s’attendre à ce que les versions désaxées du réel qu’ils composent et distribuent reflètent en quoi que ce soit la réalité ? Ce qu’ils disent, écrivent et montrent n’exhibe que leurs paysages intérieurs dévastés. C’est à ce compte qu’Israel attaqué devient l’agresseur, que la mort de 600 miliciens terroristes devient un génocide, qu’Hamas (dénoncé même, grande première, par quelques ONG ces jours derniers – après des années de criminalité sans frein – pour violations majeures des droits de l’Homme à Gaza) est « la voix du peuple palestinien » – la belle affaire, ils tuent quiconque fait mine de n’être pas d’accord !

Palestinien = victime. Hamas = Palestiniens. Actions de Hamas = résistance. Israel = criminel. La faiblesse d’esprit requise pour accepter cette chaîne « logique » ne peut provenir que de la perversion des valeurs que j’examine ici. L’époque est telle que cette lamentable liturgie domine sans partage la diplomatie internationale. Les Nations-Unies convoquent une conférence de suivi sur l’antiracisme, baptisée « Durban II », d’après le nom de la ville sud-africaine où s’était tenue la première : on y avait fait des Protocoles des Sages de Sion, faux célèbre qui fut le bréviaire antisémite des Nazis, le plat de résistance des débats. La conférence, loin de s’intéresser aux droits de l’Homme partout où ils sont foulés aux pieds – il n’y a qu’à consulter le classement des pays qui va de « libre » à « non libre », que publie chaque année Freedom House à New York : on y trouve les coupables de façon documentée – tourna à l’orgie de haine du Juif. La Commission des Droits de l’Homme de l’ONU, présidée par l’Iran, par la Libye, par Cuba, etc., se consacre exclusivement à diaboliser Israël. Ce qui s’appelait jadis le « bloc afro-asiatique », les pays arabes, musulmans et leurs obligés, stipendiés et achetés, et les pleutres d’Europe occidentale, qui pleurnichent pour imiter les crocodiles dans l’espoir d’en recevoir quelque faveur et de n’être mangés que plus tard, fait la loi à l’ONU, et impose, à l’UNESCO et à d’autres organismes spécialisés, sa vulgate invertie

.C’est ainsi que les pays de la Conférence islamique essaient d’imposer un morceau de Charia – concernant le « blasphème – c’est-à-dire la moindre approche critique – pour abolir la liberté d’opinion et la liberté de la presse. L’inversion des valeurs conduit à l’essor d’un faux réel où, répété indéfiniment, le mensonge devient officiel, obligatoire, universel. Je propose donc de comprendre l’étrange lubie qui possède une partie si importante de l’Occident comme le résultat de la grande inversion des valeurs qui plaça la destruction de l’Occident « bourgeois » entête de ses priorités, et fit de tout ce qui se parait de l’étiquette de « révolutionnaire » le fin du fin. Que cette lubie ait retrouvé le plus familier des Satan de son histoire, et s’allie en ceci avec un monde islamique si violemment porté à l’espérance du génocide, n’est malheureusement pas très étonnant.

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