Encore des morts palestiniens, dont une fillette de 11 ans, mais les médias font sourde oreille.

Le Hamas confronté à plus extrémiste que lui à Gaza. De violents combats vendredi et samedi entre les forces de sécurité du Mouvement terroriste et un groupe djihadiste exigeant une application stricte de la loi coranique ont fait au moins 28 morts, dont le chef du groupe qui s’est fait exploser, et des centaines de blessés à Rafah, non loin de la frontière avec l’Egypte.

Les combats ont commencé vendredi lorsque le Hamas a encerclé une mosquée de Rafah, dans le sud de la Bande de Gaza, où s’étaient retranchés une centaines de membres de Jund Ansar Allah, « les soldats des compagnons d’Allah », mouvement islamiste ultraconservateur.

Selon certaines sources, le mouvement extrémiste aurait été armé par le Fatah, dans le but de déstabiliser le Hamas à Gaza.

Durant la nuit, les forces de sécurité du Hamas ont fait usage de fusées éclairantes, de mitrailleuses et de grenades, tandis que les militants retranchés dans la mosquée répliquaient à l’arme automatique et à la grenade.

Lors de la grande prière, le chef de Jund Ansar Allah, Abdel-Latif Moussa, avait lancé un défi aux dirigeants du territoire, décrétant Gaza « émirat islamique » et mettant le Hamas au défi de lancer l’assaut contre sa mosquée.

Au cours de la bataille qui a suivi, Moussa a réussi à s’échapper de la mosquée avec quelques gardes du corps et à gagner son domicile, à son tour encerclé par les forces de l’ordre.

Quand les combats ont repris samedi après l’aube, le chef du groupe s’est donné la mort en déclenchant les explosifs qu’il portait sur lui, selon un porte-parole du Hamas à Gaza, Ihab Ghussein. Il a également tué « un médiateur qui lui avait été envoyé pour le convaincre, lui et ses partisans, de se rendre au gouvernement ».

Les combats se sont achevés dans la matinée, le Hamas bouclant ensuite tous les accès à Rafah et décrétant la ville zone militaire interdite. Le docteur Moaiya Hassanain a fait état de 28 morts, dont six policiers du Hamas et une fillette de 11 ans, et de 150 blessés.

Le Hamas a confirmé la mort dans cette bataille d’Abou Jibril Shimali, chef de son aile militaire, les Brigades Ezzedine al-Qassam, considéré par Israël comme l’un des responsables de l’enlèvement du soldat Gilad Shalit dans un raid transfrontalier le 25 juin 2006.

Cette confrontation, au cours de laquelle 95 membres du groupe ont été arrêtés, vient consolider la mainmise du Hamas sur le territoire depuis qu’il a pris le pouvoir par la force en 2007, et confirme qu’il se refuse à laisser un espace quelconque à quiconque prônant une autre idéologie que la sienne.

Il s’agit sans doute du défi intérieur le plus sérieux depuis les cinq jours de guerre civile qui se soldèrent par l’éviction du Fatah de la bande côtière et la scission de facto des territoires palestiniens en deux entités, la Judée-Samarie restant sous contrôle du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

Outre Jund Ansar Allah, il existe toute une nébuleuse de petits groupes extrémistes qui aspirent à appliquer une interprétation beaucoup plus stricte de la loi coranique à Gaza et jugent le Hamas trop souple. Le mouvement lui reproche aussi de respecter un cessez-le-feu avec Israël depuis sept mois.

Politiquement, la nébuleuse extrémiste est également djihadiste et veux exporter la guerre sainte aux quatre coins de la planète, à l’image d’Al-Qaïda. A la différence du Hamas, qui affirme lui ne lutter que contre l’occupation israélienne.

Jund Ansar Allah s’était fait connaître en juin en revendiquant une tentative infructueuse d’attaque à cheval en Israël à partir de la Bande de Gaza. Le groupe dit s’inspirer d’Al-Qaïda mais aucun lien n’a été confirmé. On ignore combien d’adeptes comptent ces groupuscules extrémistes.

« Ce genre de comportement inacceptable est rejeté dans notre société. Nous sommes une communauté musulmane et n’avons pas besoin que des malades mentaux imposent leurs priorités à notre population », a dénoncé le député Hamas Ismail al-Ashkar.

A Ramallah, Saeb Erekat, l’un des principaux négociateurs avec Israël, membre du Fatah, a qualifié la situation à Gaza d' »alarmante », jugeant que le territoire « s’enfonce dans le chaos et l’anarchie ».

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