La mafia sait aussi tuer des enfants

Quatre membres de Cosa Nostra, la mafia sicilienne, ont été arrêtés dimanche alors qu’ils projetaient d’assassiner trois enfants de mafieux repentis, a-t-on appris lundi auprès de la police de Caltanissetta (centre de la Sicile).

L’enlèvement et le meurtre de ces trois personnes – deux enfants de sept et onze ans et une femme de 30 ans – « n’était pas un vague projet pour atteindre +les collaborateurs de justice+ (repentis) mais un plan bien détaillé et minutieusement étudié », a déclaré le procureur de Caltanisetta (Sicile), cité lundi par La Stampa.
Selon la police, les mafieux âgés de 27 à 54 ans s’étaient procuré des armes, avaient contacté des hommes de main et fait des repérages autour des maisons où habitaient leurs cibles.

Un des deux repentis – ces anciens mafieux qui acceptent de collaborer avec la justice moyennant une protection – avait déjà fait d’importantes révélations en juillet et subi des pressions: deux de ses voitures avaient été incendiées, sa compagne avait été menacée par téléphone et sa mère avait reçu une « visite » de la mafia. C’est grâce à cette femme, qui a déposé plainte auprès de la police, que les quatre membres de Cosa Nostra ont pu être identifiés, mis sur écoutes et arrêtés pour association mafieuse.

Selon le journaliste Lirio Abbate, spécialiste de la mafia sicilienne, la solidarité entre les familles de repentis est « un phénomène nouveau » car dans les années 80 et 90, les repentis étaient reniés par leur famille afin d’épargner les autres membres d’une vengeance.

« S’en prendre aux repentis et à leurs familles est un retour aux pratiques des années 80 », les années les plus sanglantes de la mafia sicilienne, a-t-il précisé à l’AFP. Pour n’avoir pas respecté cette règle non écrite de Cosa Nostra, la mère, la sœur et la tante du repenti Francesco Marino Mannoia – qui avait affirmé que l’ancien chef du gouvernement Giulio Andreotti avait rencontré des patrons de Cosa Nostra – avaient été tuées dans les années 80.

L’Italie a créé à la fin des années 80 un statut juridique protecteur (changement d’identité, escorte policière…) pour les repentis et leurs familles qui a permis de porter des coups très durs à Cosa Nostra.

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