Un juif ne peut pas superviser un bureau de vote en Israël

Un scrutateur juif ne peut-il pas superviser le déroulement des élections dans une localité arabe d’Israël ? C’est la question qu’on peut se poser à la lumière des événements qui se sont produits mardi dans la ville israélienne d’Oum-el-Fahem, dans le sud de la Galilée.

Afin de comprendre ce racisme antijuif de certains arabes israéliens, il faut revenir un peu en arrière et rappeler qu’il y a quelques temps, le militant de droite Barouch Marzel avait demandé d’être envoyé dans la cité arabe, pour y être responsable d’un bureau de vote le jour du scrutin. La police avait alors repoussé sa demande, sous prétexte que sa présence risquait de provoquer des troubles. Marzel n’avait pas baissé les bras et s’était adressé au tribunal qui lui avait donné raison et lui avait permis de se rendre dans la ville pour superviser le déroulement des élections. En effet, la pression extrémiste ne doit pas être un motif tangible pour céder.

Toutefois, alors qu’il s’apprêtait à se rendre dans la cité arabe, la police a prétendu qu’il ne pouvait pas y entrer de crainte de “troubler l’ordre public”. Finalement, c’est le député Arieh Eldad, du Ihoud Leoumi, qui a été envoyé à sa place. Arrivé mardi matin sous escorte policière, Eldad a déclaré : “La police m’a permis d’arriver au bureau de vote et assure ma sécurité. Je ne pouvais pas croire que l’Etat d’Israël puisse céder au terrorisme et je suis heureux de constater que ce n’est pas le cas”. Je jouis de l’immunité et la police fait son travail”, a-t-il encore ajouté en affirmant qu’il ne craignait pas pour sa vie.

Mais les violences qui ont éclaté peu après son arrivée l’ont malgré tout contraint de quitter rapidement les lieux: des dizaines d’Arabes ont semé des troubles dans la ville et ont lancé des pierres sur les policiers chargés de maintenir l’ordre. Et lorsqu’Eldad a quitté la cité, des émeutiers ont poursuivi le car de police à bord duquel il se trouvait et ont provoqué de nouveaux remous. Cinq agitateurs ont été arrêtés, l’un d’entre eux, membre du mouvement “Bnei Hakefar”, était venu spécialement de Yaffo pour participer aux désordres et attiser les tensions.

Ces extrémistes, qui nuisent à l’ordre public, ont ouvertement affirmé qu’il est inadmissible qu’un juif tienne un bureau de vote a Oum-el-Fahem, qui est pourtant une ville israélienne, à majorité arabe, en territoire « incontesté ». Il est bon de noter que de nombreux arabes israéliens supervisent plusieurs bureaux de vote lors de ces élections législatives en Israël, et aucun incident n’est a déplorer du fait de leur confession religieuse. Être un scrutateur musulman israélien ne dérange pas ou peu les israéliens, alors qu’être scrutateur juif dérange fortement certains arabes israéliens.

Histoire de confirmer le clivage religieux, le député Ahmed Tibi, du parti arabe Raam-Taal appelle les électeurs arabes à se rendre aux urnes « car l’augmentation de la participation des électeurs juifs exige un effort supplémentaire de la part des Arabes ».

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