Israël est un état voyou d’apartheid

Le discours remarquable ci-dessous a été prononcé par Gabriel Latner, un étudiant de 19 ans, de Cambridge, à un récent débat de la Société de débats de la prestigieuse université.

Campons le décor. Les débats organisés au sein de Cambridge accueillent l’intelligentsia du pays et la foule se presse pour entendre les débatteurs.

Il s’agit de mettre en opposition frontale des personnes de convictions opposées, chacune défendant son point de vue. L’art oratoire ainsi que l’argumentation sont jugés par le public et les universitaires. Et la motion est soit adoptée, soit rejetée, selon les arguments présentés.

Gabriel Latner, étudiant de 19 ans, s’est présenté à la tribune devant des adversaires résolus, et de réputation internationale. Ce débat à Cambridge était centré sur la motion « Israël est un État voyou. » Le culot de la jeunesse !

Ce thème a été proposé par la britannique Lauren Booth, belle-sœur de Tony Blair, adversaire radicale d’Israël et journaliste pour une chaîne de télévision iranienne. Elle s’est récemment converti à l’islam lors d’une visite en Iran. Son point de vue a été rejoint par Mark McDonald, fondateur des « Amis des Travailleurs de Palestine ».

Le journal The Irish Independent a qualifié le discours de M. Latner de  » défense la plus brillamment audacieuse d’Israël depuis que Moïse a ouvert la mer Rouge »

Israël est un État voyou

C’est une guerre des idéaux, et les autres orateurs ici présents ce soir sont, à juste titre, des idéalistes. Je n’en suis pas un. Je suis un réaliste. Je suis ici pour gagner. J’ai un seul but ce soir : convaincre le plus grand nombre d’entre vous.

Je fais face à un défi singulier -, la plupart sinon la totalité, d’entre vous ont déjà fait leur choix. Cette question est trop polarisante pour que la grande majorité d’entre vous ne se soit déjà fait une opinion sur la question.

Je serais prêt à parier que la moitié d’entre vous appuie fortement la motion « Israël est un État voyou », et l’autre moitié d’entre vous s’y oppose fermement.

Je veux gagner, et je suis tenté de faire ce que mes collègues orateurs vont faire : simplement ressasser toutes les vilaines choses que le gouvernement israélien a commises dans le but de satisfaire ceux d’entre vous qui sont d’accord avec ces orateurs.

Et peut-être qu’ils vont culpabiliser quelques rares indécis qui voteront finalement pour la proposition, ou plus exactement, contre Israël.

Il serait si facile de « tordre » la signification et l’importance de la loi internationale et de faire en sorte qu’Israël ressemble à un État criminel. Mais cela a déjà été fait jusqu’à plus soif.

Il serait encore plus facile de faire jouer votre sympathie, avec des histoires personnelles de souffrance palestinienne. Ces personnes ici présentes peuvent faire des discours très éloquents sur ces questions.

Mais la vérité est que maltraiter des personnes, qu’il s’agisse de vos propres citoyens ou ceux d’un pays occupé, ne rend pas nécessairement l’État «voyou».

Si c’était le cas, le Canada, les États-Unis et l’Australie seraient tous des États-voyous du fait de la manière dont ils ont traité leurs propres populations autochtones.

Le traitement de l’Irlande par la Grande-Bretagne permettrait facilement de la qualifier ainsi. Ces arguments, émotionnellement satisfaisants, manquent toutefois de rigueur intellectuelle.

Plus important encore, je ne pense pas que nous puissions gagner avec ce type d’arguments. Cela ne changera pas les chiffres. La moitié d’entre vous sera d’accord, la moitié d’entre vous ne le sera pas.

Donc, je vais essayer quelque chose de différent, quelque chose de peu orthodoxe.

Je vais essayer de convaincre les sionistes purs et durs ainsi que les autres partisans d’Israël ici ce soir, à voter en faveur de la motion.

À la fin de mon discours, j’aurai présenté cinq arguments en faveur d’Israël qui montrent qu’Israël est, sinon un «Etat voyou», au moins un état «presque voyou».

Permettez-moi d’être clair. Je ne vais pas faire valoir qu’Israël est «mauvais».

Je ne vais pas faire valoir qu’il ne mérite pas d’exister. Je ne ferai pas valoir que son comportement est pire que celui de tous les autres pays. Je vais seulement faire valoir qu’Israël est un «voyou».

Le mot «voyou» est actuellement affublé de connotations exceptionnellement accablantes.

Mais le mot lui-même est en fait de valeur neutre. Le dictionnaire anglais d’Oxford définit « voyou » comme «aberrant, anormal; égaré, se produisant à un endroit ou à un moment inattendu » alors qu’un autre dictionnaire édité par une bien plus grande institution donne cette définition: «se comporter d’une manière inattendue ou anormale, souvent de manière destructrice.  »

Ces définitions, et d’autres, sont axées sur l’idée d’anomalie – l’inattendu ou l’inhabituel.

Selon cette définition, un État voyou est celui qui agit d’une manière inattendue, rare ou aberrante. Un État qui se comporterait exactement comme Israël.

Le premier argument est d’ordre statistique.

Le fait qu’Israël soit un État juif, est suffisamment anormal pour le faire qualifier d’ «État voyou»: Il y a 195 pays dans le monde. Certains sont chrétiens, certains musulmans, certains sont laïques.

Israël est le seul pays au monde qui est juif. Ce qui fait que, statistiquement parlant, la chance qu’un État choisi au hasard, puisse être juif est de 0,0051%.

En comparaison, les chances pour qu’un billet de loto du Royaume-Uni gagne au moins 10 € est de 0,017% , donc de deux fois plus de chances… La judéité d’Israël est donc une aberration statistique.

Le second argument concerne le caractère humanitaire d’Israël, avec en particulier, la réponse d’Israël à une crise des réfugiés.

Pas la crise des réfugiés palestiniens – car je suis sûr que les autres orateurs en parleront – mais la question des réfugiés du Darfour.

Tout le monde sait que ce qui s’est passé et se passe encore au Darfour est bien un génocide, que l’ONU ou la Ligue arabe veuillent bien l’appeler ainsi ou non.

En fait, j’avais espéré que M. Massih* (grand avocat britannique, ndlr Primo) serait en mesure d’en parler. Il est en réalité un peu un expert sur la crise au Darfour, puisque c’est son expertise qui l’a appelé à représenter Omar El Béchir, dictateur du Soudan, alors même que celui-ci est soumis à une enquête de la Cour pénale internationale.

Il y a eu un exode massif en provenance du Darfour parce que ces opprimés recherchaient un havre de sécurité.

Ils n’ont pas eu beaucoup de chance. Beaucoup sont allés dans le Nord, vers l’Égypte – où ils sont traités odieusement. Les courageux errent dans le désert dans l’espoir de pouvoir se rendre en Israël.

Non seulement, ils font face aux menaces naturelles du Sinaï, mais ils sont également utilisés comme cibles d’entraînement par les soldats qui patrouillent le long de la frontière égyptienne. Pourquoi prennent-ils tant de risques ?

Parce qu’en Israël, ils sont traités avec compassion – ils sont traités comme les réfugiés qu’ils sont – et peut-être que la mémoire culturelle du génocide d’Israël en est responsable.

Le gouvernement israélien est même allé jusqu’à accorder la citoyenneté à plusieurs centaines de réfugiés du Darfour. Ceci suffit à maintenir Israël à l’écart du reste du monde.

Mais le véritable point de distinction est le suivant: l’armée israélienne envoie des soldats et des médecins afin de patrouiller le long de la frontière égyptienne.

Ils y sont envoyés à la recherche de réfugiés qui tentent de pénétrer en Israël. Pas pour les renvoyer en Égypte, mais pour les sauver de la déshydratation, de l’épuisement par la chaleur, et des balles égyptiennes.

Comparez cela à la réaction des États-Unis à l’immigration illégale au travers de leur frontière avec le Mexique.

Le gouvernement américain a arrêté des citoyens, qui avaient donné de l’eau à des immigrés illégaux qui mouraient de soif. Ici le gouvernement israélien a envoyé ses soldats pour sauver les immigrants illégaux.

Qualifier ce genre de comportement comme anormal est un euphémisme.

Mon troisième argument est que le gouvernement israélien se livre à une activité que le reste du monde rejette : il négocie avec les terroristes !

Oubliez le dernier Président de l’OLP Yasser Arafat, un homme qui est mort avec du sang sur les mains ; ils sont en train de négocier avec des vrais terroristes.

Yasser Abed Rabbo est l’un des négociateurs principaux de l’OLP lequel a été envoyé aux pourparlers de paix avec Israël. Abed Rabbo a aussi été un leader du FPLP – une organisation de «combattants de la liberté» qui, justement sous la direction de Abed Rabbo, a été engagée dans des activités de promotion de la liberté comme celle qui a constitué à tuer 22 élèves d’un lycée israélien.

Et le gouvernement israélien envoie des délégués pour siéger à la même table que cet homme, pour parler de paix. Et le monde entier applaudit.

On ne verrait jamais le gouvernement espagnol dans des pourparlers de paix avec les dirigeants de l’ETA ; le gouvernement britannique ne négocierait jamais avec Thomas Murphy.

Et si le président Obama devait s’asseoir pour parler de paix avec Oussama Ben Laden, le monde entier aurait considéré cela comme de la folie.

Mais Israël peut faire exactement la même chose – et y gagner des louanges internationales. C’est cela la définition du dictionnaire du mot « voyou » : se comporter d’une manière inattendue, ou anormale.

Une autre partie de la définition du dictionnaire est « un comportement ou une activité » qui se produit à un endroit ou un moment inattendu.

Lorsque vous comparez Israël à ses voisins régionaux, il devient clair à quel point Israël est un voyou.

Et voici le quatrième argument: Israël a un meilleur palmarès de protection des droits de l’homme que n’importe lequel de ses voisins.

À quel moment dans l’histoire, y a-t-il jamais eu un État démocratique libéral au Moyen-Orient ? à l’exception d’Israël ?

De tous les pays du Moyen-Orient, Israël est le seul où la communauté Lesbienne, Gay, Bi et Trans bénéficie même d’une certaine égalité.

Au Koweït, Liban, Oman, Qatar et en Syrie, l’homosexualité est passible de flagellation, d’emprisonnement, ou des deux.

Mais les homosexuels s’en tirent là-bas plutôt mieux que leurs homologues en Iran, Arabie saoudite et au Yémen, où ils sont carrément mis à mort.

Les homosexuels israéliens peuvent adopter des enfants, ouvertement servir dans l’armée, contracter des unions civiles, et sont protégés par une législation anti-discrimination exceptionnellement explicite.

Cela vaut tout de même mieux qu’une condamnation à mort. En fait, c’est même encore mieux qu’aux USA.!

La protection israélienne de la liberté civile de ses citoyens lui a valu une reconnaissance internationale.

Freedom House est une ONG qui publie un rapport annuel sur la démocratie et les libertés civiles dans chacun des 195 pays dans le monde.

Elle positionne les pays comme «libres», «partiellement libres», ou «non libres». Au Moyen-Orient, Israël est le seul pays qui a obtenu la désignation de «libre».

Pas étonnant, compte-tenu du niveau de la liberté accordée aux citoyens.

Au Liban, un pays désigné comme «partiellement libre», il y a des lois contre les journalistes critiquant non seulement le gouvernement libanais, mais aussi le régime syrien. J’espère que Mme Booth abordera ce sujet, compte tenu de son expérience de travail comme « journaliste » d’un média iranien.

L’Iran est un pays désigné comme «pas libre», et se retrouve aux côtés de la Chine, du Zimbabwe, de la Corée du Nord, et la Birmanie.

En Iran, comme j’aurais espéré que Mme Booth l’aurait dit dans son discours, il y a une « Cour spéciale pour la presse » qui poursuit les journalistes pour des délits odieux tels que celui de critiquer l’ayatollah, faire des reportages qui endommagent les «fondements de la République islamique, l’utilisation de « sources suspectes » (c.-à-d occidentales), ou l’insulte à l’islam.

L’Iran est le leader mondial en nombre de journalistes emprisonnés, avec 39 journalistes (que nous connaissons) en prison en 2009.

Ils ont également mis à la porte presque tous les journalistes occidentaux au cours de l’élection de 2009. (Je ne sais pas si Mme Booth a été concernée par cette action.)

Je suppose que nous ne pouvons pas vraiment nous attendre à plus de la part d’une théocratie.

C’est le cas pour la plupart des pays du Moyen-Orient. Théocraties et autocraties. Mais Israël est la seule, l’unique, l’anormale démocratie.

Sur tous les pays du Moyen-Orient, c’est seulement en Israël que les manifestations et les rapports anti-gouvernementaux sont autorisés et non pas censurés.

J’ai un dernier argument – le dernier clou dans le cercueil de l’opposition – et il est assis juste en face de moi.

La présence de M. Ran Gidor regroupe tous les éléments de preuve que chacun d’entre nous devrait avoir besoin pour qualifier de manière confiante Israël comme un État voyou.

Pour ceux d’entre vous qui n’ont jamais entendu parler de lui, M. Gidor est un conseiller politique attaché à l’ambassade d’Israël à Londres. Il est le gars que le gouvernement israélien a envoyé pour les représenter à l’ONU. Il sait ce qu’il fait. Et il est ici ce soir. Et c’est incroyable.

Considérons, un instant, ce que sa présence signifie ici.

Le gouvernement israélien a accepté de permettre à l’un de leurs hauts représentants diplomatiques de participer à un débat sur sa propre légitimité. C’est remarquable.

Pensez-vous une seule minute que n’importe quel autre pays ferait la même chose?

Si la société de débats de l’Université de Yale devait lancer un débat où la motion était « Cette institution est d’avis que la Grande-Bretagne est un État raciste, totalitaire qui a causé un tort irrémédiable aux peuples du monde, » est-ce que la Grande-Bretagne aurait permis à l’un de ses représentants d’y participer? Non !

La Chine aurait-elle participé à un débat sur le statut de Taiwan? Jamais.

Et il n’y a aucune chance pour qu’un représentant du gouvernement américain ait été jamais autorisé à participer à un débat concernant le traitement des prisonniers à Guantanamo Bay.

Mais Israël a envoyé M. Ran Gidor pour débattre ce soir contre un « journaliste »-star de la télé-réalité, et moi-même, un étudiant en droit de 19 ans, qui est parfaitement non qualifié pour parler de la question.

Tous les gouvernements du monde devraient se moquer d’Israël en ce moment – parce qu’il a oublié la règle n ° 1 : « Vous ne devez jamais accorder foi à des cinglés en discutant avec eux ».

C’est pour la même raison que vous ne verrez pas Stephen Hawking ou Richard Dawkins débattre avec David Icke*.

Mais c’est exactement ce que fait Israël. Encore une fois, il se comporte d’une manière qui est inattendue, ou pas normale. Il se comporte comme un État voyou.

Cela fait cinq arguments qui ont été adressés à des partisans d’Israël.

Mais il me reste une ou deux minutes.

Et voici un argument pour vous tous – Israël volontairement et violemment – ne tient pas compte du droit international.

En 1981, Israël a détruit Osirak – le laboratoire de Saddam Hussein pour fabriquer une bombe nucléaire. Tous les gouvernements dans le monde savaient que Saddam Hussein construisait une bombe. Et ils n’ont rien fait. Sauf Israël.

Oui, ce faisant, Israël a enfreint le droit international. Mais il nous a aussi tous sauvés d’une certaine manière. Mais il nous a tous sauvé d’un Iraq nucléaire.

Cette action de voyou devrait permettre de faire gagner à Israël une place respectable aux yeux de tous les peuples épris de liberté. Il ne l’a pas.

Mais ce soir, pendant que vous nous écoutez bavarder, je tiens à vous rappeler quelque chose: pendant que vous êtes assis là, l’Iran de Khomeiny travaille à la bombe.

Et si vous êtes honnête avec vous-même, vous savez qu’Israël est le seul pays qui peut, et, qui fera quelque chose.

Israël, par nécessité, agira d’une manière qui ne sera pas la norme, et vous souhaiterez qu’il le fasse d’une manière suffisamment destructrice.

Toute personne saine d’esprit préférera plutôt un Israël voyou qu’un Iran nucléaire. Sauf Mme Booth.


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