Une guerre juste, juste une guerre

Par Christophe Barbier, article paru dans l’Express

Israël a raison de mener cette guerre et il le fait aussi pour notre tranquillité.

C’est par-delà l’horreur qu’il faut réfléchir. C’est au-delà des images, ou malgré leur censure, qu’il faut penser les conflits. Il n’y a pas plus aveugle qu’un militaire ni pire sourd qu’un terroriste. Le premier tire sur tout ce qui bouge, parce que cela peut être un ennemi ; le second vise aussi ce qui ne bouge pas, parce que même un civil endormi est un ennemi. Mieux : une cible. Il faut renoncer à dire le droit en un tel affrontement si l’on n’est pas certain de s’abstraire de toute passion sans céder au cynisme.

Depuis que Tsahal est entrée dans la bande de Gaza, les opinions de surface tonitruent, le manichéisme plastronne et l’esprit de finesse se cantonne à la question de la poule palestinienne et de l’œuf israélien: les roquettes du Hamas sont-elles la cause de la guerre ou bien est-ce le blocus imposé par Tel-Aviv?

On ne peut pourtant en rester là, et il faut chercher dans les décombres celle qui est, comme toujours, la première victime : la vérité – au moins, extirper quelques-uns de ses tessons de la boue des mensonges et de la propagande.

  • Le Hamas est un mouvement terroriste. Expliquer qu’il a une « base populaire » et qu’un scrutin lui a confié légalement le pouvoir est exact (bien qu’il ai pris le pouvoir par la force, en tuant et blessant de nombreux membres du Fatah, ndlr), mais le nimber de nationalisme et l’oindre de démocratie, c’est ruser avec le vrai: il n’y a pas de terrorisme légitime. Affirmer que la chute du Hamas laisserait la place à des mouvements plus intégristes encore, et qu’il vaut mieux traiter avec celui-ci qu’affronter ceux-là, c’est raisonner comme un poltron. Au grand jeu de la reculade et du marchandage, l’Occident a perdu trop gros. En matière d’islamisme, si elles acceptent le choléra pour éviter la peste, les démocraties mourront du choléra, tout simplement.
  • Israël agit pour nous. Les bombes ne suffisent pas à couvrir le chœur des hypocrites, qui attendent que Tsahal éradique le Hamas, en espérant que dégâts et bavures seront limités : pays arabes voisins ou lointains, Fatah palestinien ou grandes puissances sont tous impatients que ce sale travail soit terminé, comme ils seront soulagés et ravis qu’il soit fait. Israël a raison de mener cette guerre et, même si le Hamas n’est pas djihadiste, il le fait aussi pour notre tranquillité, ce qu’il est honteux de ne pas reconnaître.
  • Le monde doit intervenir. Sécurité des civils, désarmement des terroristes, stabilité des frontières ne sont à peu près assurés, des Balkans à l’Afrique, en cas de conflit, que par les Casques bleus. Il reviendra à Barack Obama de rendre possible cette intervention – et donc de convaincre Israël de l’accepter – puis à la France, notamment, de la mettre en œuvre.
  • La solution est politique. Deux États en coexistence armée, séparés par des murs s’il le faut, aux économies viables: tel demeure l’objectif. Quels leaders israélien et palestinien le proposeront ? Vivre ensemble est impossible, vivre côte à côte suffira. Voisins sans être amis, Israël et Palestine auront alors la nuit des temps pour se confronter sans s’affronter. Parce qu’il est question de religion, la réconciliation n’adviendra jamais : Dieu ne se prête pas aux traités de paix. Mais, parce que l’âge politique est laïque, il sera possible de rendre vivable cette éternelle antipathie. Les chiens de faïence ne mordent pas et les générations futures se parleront. Peut-être.

3 comments for “Une guerre juste, juste une guerre

  1. Luke
    15 janvier 2009 at 13 h 57 min

    Article excellent et criant de vérité.

    Ce qu’on ne dit pas assez, c’est que l’intégrisme islamique est totalement incompatible avec nos valeurs occidentales (L’intégrisme islamique est incompatible avec les valeurs universelles d’humanisme et de respect de la vie qui ne peuvent donc pas être « notre » au sens de la possession d’une identité mais sont notre dans la mesure ou nous devons sans cesse nous les rapproprier, cf. Rémi Brague et son excellent et classique: « Europe, la voie romaine », ndlr) et bien que ces dernières ne soient pas exemptes de tous reproches, celles des islamistes sont dangereuses pour la survie de notre société occidentale. (Il n’y a pas de « société occidentale » sinon dans l’esprit des musulmans, il y a un monde ou plusieurs États dits « libres », c’est à dire démocratiques, tentent de vivre ensemble avec des valeurs et une histoire commune, parfois très violente et chargée de conflits, ndlr)

    Les objectifs de l’islamisme sont multiples, et la faiblesse des gouvernements aidés par les gaucho bien pensants au grand cœur (Merci pour nous, nous sommes pour beaucoup de ces gaucho au grand cœur; Mais il est vrai qu’une certaine honte de soi a habité certains mouvements de l’extrême gauche, ce qui a poussé l’islamisme a s’engouffrer dans la brèche, cf. Alexandre del Valle, « Le terrorisme islamiste à l’assaut des démocraties » ,ndlr) le tout saupoudré d’une « poltronite » aiguë, ne contribue en rien à protéger notre société.

    1- Les Intégristes Chiites et Sunnites (chacun de leurs coté) veulent constituer un califat mondial dans lequel l’Islam sera le mode de vie planétaire dans son application la plus rigoureuse, violente et archaïque.

    2- Ils veulent donc rapatrier à leur causes les pays musulmans par tous les moyens, le terrorisme est leur levier de prédilection (attentat en Arabie Saoudite, au Maroc, en Tunisie, en Indonésie, en Irak, Afghanistan, …) les populations étant effrayées à l’idée qu’Allah les punissent préfèrent se rallier à la cause.

    3- Islamiser les pays occidentaux par deux moyens qui sont: l’islamisation massive des population issues de l’immigration et, bien entendu, les attentats terroristes qui sont quasiment toujours réalisés par des cellules locales (Londres, Madrid, …)

    4- Faire de la publicité pour l’Islam: « si vous rejoignez les branche intégristes vous êtes protégés et surtout vous aurez droit à un accès VIP à un paradis bordélique au possible.

    Israel dans tout ce projet n’est qu’un « détail » pour eux mais il a l’avantage d’appuyer sur les bons boutons qui déclenchent les bonne réactions:
    1- Israël est la cause de l’instabilité planétaire.
    2- Sans Israël il n’y aurait plus de problèmes dans le monde; alors en plus Ils ont volé la terre ancestrale des palestiniens donc ils doivent disparaitre.
    3- Si Israël commet des « crimes de guerres » et autre « génocides », l’antisémitisme devient légitime car Israël est un pays Juif, démocratique certes, mais juif avant tout. Cela étant, les européens ne se sentent plus coupable des horreurs de la Shoah. La désinformation intégriste l’a parfaitement compris, le monde cherche en partie à se déculpabiliser. (Tout à fait d’accord avec le diagnostic, qui appuie bien sur l’usage fait par les islamistes du poids de la Shoah sur l’Europe; en attribuant une Shoah à Israël, on se dédouane par la même de la vraie, ndlr)
    4- En attisant les haines communautaires dans les pays occidentaux, les islamistes jouissent d’une publicité gratuite et d’une efficacité redoutable: En effet, on ne parle que d’eux du matin au soir et du soir au matin sur toutes les chaines TV, internet, Journaux, blogs…

    Les pays occidentaux et européens en particulier ont une peur bleue des Terroristes islamistes. Israël mène une guerre pour le monde occidental et moderne. (Le terrorisme islamiste est lui même très moderne; à la fois très contemporain, et usant de toutes les techniques et armes du monde dit moderne: médias, internet, marchés financiers, marchés illégaux de la drogue, des armes et des femmes, etc…, ndlr)

  2. Yussef
    16 janvier 2009 at 10 h 56 min

    Non, vous ne pouvez pas dire que « l’article est excellent et qu’il est criant de vérité » puisqu’il est criblé de subjectivité. Or, vous le savez, le journaliste doit toujours effectuer un travail consciencieux au vue de la charte qui régit le journalisme et auquel il a prêté allégeance pour éviter toute dérive notoire. A ce sujet, pour que vous effectuiez une critique libre des mes dires, je mets a votre disposition La charte du journaliste (1918):

    La Charte du journaliste a été adoptée en 1918 par le Syndicat national des journalistes. Il s’agit bien sûr d’une réaction vis-à-vis de la censure et du « bourrage de crâne » qui ont lourdement pesé sur la presse pendant la guerre. Mais c’est aussi la volonté de marquer une rupture avec la presse de la fin du XIXe siècle, dont trop souvent les plumes étaient vendues au plus offrant !

    « Un journaliste digne de ce nom prend la responsabilité de tous ses écrits même anonymes :
    o tient la calomnie, les accusations sans preuves, l’altération des documents ; la déformation des faits, le mensonge pour les plus graves fautes professionnelles ;
    o ne reconnaît que la production de ses pages souveraine en matière d’honneur professionnel ;
    o n’accepte que des missions compatibles avec la dignité professionnelle ;
    o s’interdit d’invoquer un titre ou une qualité imaginaires, d’user de moyens déloyaux ; pour obtenir une information ou surprendre la bonne foi de quiconque ;
    o ne touche pas d’argent dans un service public ou une entreprise privée où sa qualité ; de journaliste, ses influences, ses relations seraient susceptibles d’être exploitées ;
    o ne signe pas de son nom des articles de réclame, commerciale ou financière ;
    o ne commet aucun plagiat, cite les confrères dont il reproduit un texte quelconque ;
    o ne sollicite pas la place d’un confrère, ni ne provoque son renvoi en offrant de travailler à des conditions inférieures ;
    o garde le secret professionnel ;
    o n’use pas de la liberté de la presse dans une intention intéressée ;
    o revendique la liberté de publier honnêtement ses informations ;
    o tient le scrupule et le souci de la justice pour des règles premières ;
    o ne confond pas son rôle avec celui du policier. »

    A propos de l’intégrisme, il est important de ne pas stigmatisé: et je ne peux vous laisser sous entendre que Islam = Intégrisme (Nous non plus, et nous l’avons corrigé ;-), ndlr). C’est de la pure ignominie, parce que vous insultez plus de 1/5 de la population mondiale. (Ce n’est pas parce que c’est 20% de la population mondiale qui est insulté qu’il s’agit d’une ignominie, car la quantité n’a jamais était une preuve de la réalité et/ou de la vérité. Par contre, l’ignominie vient du fait de globaliser, de généraliser, d’étendre le problème intégriste à tout les musulmans. Cette extension est fausse car beaucoup de musulmans sont contre cet islamisme radical qui fait place à la haine alors qu’eux voudrait un Islam plus constructif, ndlr)

    Pour y voir plus clair, un petit rappel de l’Histoire:

    L’intégrisme n’est pas l’apanage de l’Islam, qui en aurait l’exclusivité selon certains. Il a dominé la pensée catholique pendant des siècles, en Europe notamment, et il n’est pas totalement disparu, même à notre époque. On l’a retrouvé, à divers moments de l’histoire, chez les protestants et chez les juifs. Il alimente encore la guerre civile d’Irlande du Nord et les conflits qui couvent au Moyen-Orient. Depuis l’arrivée au pouvoir de G W.Bush, une certaine partie de l’Amérique dérive dangereusement vers ce qui pourrait devenir un jour un intégrisme fanatique. De quoi s’en inquiéter.

    L’intégrisme n’est pas spécifiquement musulman, on l’oublie trop souvent. On le retrouve chez certains adeptes des grandes religions et d’idéologies qui prétendent expliquer le monde ainsi que la place de l’homme dans le monde. Il existe des intégristes catholiques et protestants, juifs, hindous, et même athées. L’intégrisme « inoffensif » est l’attitude qui consiste à défendre l’intégrité originelle de la doctrine religieuse à laquelle on adhère, et à combattre avec des moyens modérés ce qui tend à la réviser ou à l’adapter en la déformant. Cet intégrisme correspond au traditionalisme, et c’est ainsi qu’il faut l’appeler.

    L’intégriste « dangereux et extrémiste » est celui qui attribue à ses croyances un statut de certitude évidente, démontrable et universellement accessible. Il voit automatiquement la volonté de nuire, de la malhonnêteté et de la méchanceté chez quiconque adopte des croyances opposées aux siennes. Les vérités de sa foi lui apparaissant à la fois indiscutables, accessibles à tous et indispensables au salut du monde, l’intégriste se sent justifié de combattre comme des ennemis et par tous les moyens les infidèles et les impies, considérés alors comme des méchants ou des monstres barbares. Ceux-ci méritent une punition, voire une élimination, et la société doit s’en protéger et s’en libérer, par la force et la répression, au besoin sanglante. L’intégrisme des talibans est à ranger dans cette catégorie.

    L’histoire humaine a connu les manifestations les plus dangereuses de l’intégrisme. Les croisades et les guerres saintes contre les infidèles au Moyen-âge ainsi que la chasse aux hérétiques, aux blasphémateurs et aux sorcières avec l’Inquisition espagnole et les bûchers de la Nouvelle-Angleterre. Les autodafés, les tribunaux d’inquisition religieuse ou idéologique, comme les tribunaux soviétiques censés juger les « conspirateurs capitalistes ennemis du peuple » les pogroms nazis et les attentats terroristes commis pour la plus grande gloire de Dieu par les islamistes un peu partout, et ceux des Chrétiens d’Irlande du Nord.

    L’intégrisme moins radical entraîne souvent des entraves à la liberté de conscience et à la liberté de croyance, l’inégalité des citoyens devant la loi ou dans les institutions publiques en raison de leurs attitudes religieuses ou idéologiques divergentes, et le soutien accordé spécialement à certains groupes religieux à l’exclusion des autres. Ce type d’intégrisme a caractérisé le MacCarthysme aux Etats-Unis, et a écarté du pouvoir en Union Soviétique et dans tous les Pays de l’Est ceux qui n’avaient pas leur carte du parti communiste.

    L’Amérique, rassurons-nous, n’a pas encore poussé l’intégrisme au-delà de ses limites, mais elle exprime parfois par la bouche de G W.Bush une dérive qui pourrait devenir très dangereuse. « Notre nation a été choisie par Dieu et mandatée par l’Histoire pour servir de modèle de justice ! » Cette citation de George W. Bush pourrait aussi bien être attribuée à n’importe quel fanatique religieux intégriste. Le président américain, qui justifie chacune de ses décisions politiques par la volonté de Dieu, affirme sans complexes qu’il s’en remet à « la foi pour résoudre les plus grands problèmes de la nation ». Ceci n’est pas qu’un banal opportunisme d’homme politique qui cherche un soutien populaire auprès d’une partie de son électorat : George W. Bush, fondamentaliste convaincu, pense réellement que Dieu est avec lui, donc avec son pays. Il n’y a pour ainsi dire aucun discours important où les mêmes propos n’aient été tenus, parallèlement au discours politique ou militaire. Chef de l’État et des Armées, Bush se veut un garant des valeurs spirituelles et morales de la religion fondamentaliste chrétienne. Cet alcoolique repenti, qui a trouvé lors de son sevrage un soutien dans la religion, a reçu un monumental coup de Bible sur la tête et la sert maintenant à toutes les sauces. Je le crois suffisamment borné pour être sincère, suffisamment bête pour y croire lui-même, suffisamment fanatique pour justifier ses actes, même les plus inexcusables, par l’alibi de sa foi inébranlable et salvatrice.

    Une telle religiosité conservatrice et utilitariste, alimentée par la conviction d’être dans la Vérité, est considérée extrinsèque par les spécialistes de la religion, par opposition à une religiosité intrinsèque portée par une démarche spirituelle et des valeurs d’empathie avec les autres, comme la vraie religion devrait être. Les études de ces phénomènes montrent que les individus qui affichent une telle religiosité font également preuve de préjugés de toutes sortes face à ceux qui sont de religion, de culture, d’ethnie ou de systèmes moraux différents des leurs. Les croyants de ce type dressent un mur étanche entre eux et les autres, entre les bons et les méchants (good and evil, que l’on retrouve à tout propos dans la bouche du Président américain). En déclarant que le Bien est de son côté et que ceux qui ne pensent pas comme lui sont le « mal », Bush présente un cas typique de religiosité extrinsèque. On retrouve ici tout le vocabulaire qu’il a utilisé depuis les attentats du 11 Septembre 2001 et la crise irakienne.

    Une telle forme de pensée pervertie, qu’elle soit alimentée par la foi chrétienne, musulmane, juive ou autre, ne peut qu’exacerber les tensions politiques lorsqu’elle constitue la grille d’analyse ou le pôle de référence d’un chef d’état. Lorsque c’est le chef du pays le plus puissant au monde sur le plan économique, politique et militaire, qui justifie ses actions non pas par la rationalité politique mais par la ferveur religieuse, il y a lieu de s’inquiéter. L’amalgame de fondamentalisme religieux, de politique unilatérale et de puissance militaire au service d’un néo colonialisme à peine voilé est la recette parfaite du fanatisme qui risque de conduire au fascisme. Il existe trois composantes dans l’administration Bush. L’une, avec les faucons, au sein desquels les pro-sionistes radicaux, se veut néo conservatrice, et prône les actions unilatérales du fait de l’unipolarité indiscutable des États-Unis. La deuxième composante est représentée par les adjoints qui ont tous une histoire dans l’industrie du pétrole. La dernière composante, enfin, est d’ordre religieux, les mêmes religieux qui défendent Israël pour des raisons bibliques.

    Entre l’affirmation de l’hégémonie américaine du fait de son immense supériorité économique et militaire et le fanatisme religieux de Bush, on est cuits ! Ce mélange détonant va faire des ravages sur la géopolitique mondiale et nous créer de gros ennuis, j’en ai peur. Enfin, cet aspect particulier et inquiétant de la personnalité de Bush confirme ce qu’on savait déjà : c’est un con dangereux ! (Welcome Obama !, ndlr)

    En conclusion, je vous rappel un verset du Coran, sourate 2 : La Vache verset 256
    « Pas de contrainte en religion » (Quel rapport avec ce qui précède, et surtout avec le cœur du problème ?, ndlr)

    (Pour reprendre le début de votre commentaire en guise de conclusion, il est en effet important que le journaliste effectue son travail en respectant les règles ci-avant. Le meilleurs exemple, et le plus récent, reste à n’en pas douter l’information selon laquelle Israel aurait bombardé une école de l’ONU en faisant une quarantaine de morts, et qui a déchainé les foudres des manifestant et d’autres journalistes: si cette information avait été vérifiée, nous n’en serions pas au point de la remettre en question tant de temps après, comme celle de l’Affaire Al-Dura. En effet, après vérification, comme ce qui aurait du être fait plus tôt, des journalistes du Globe and Mail ont montré qu’il n’y a eu aucun mort à l’intérieur de l’école de l’UNRWA (cf. article de Globe and Mail en anglais ou en français). La véritable question est de savoir combien de manipulations médiatiques existent encore car pour une ou deux démontrées, des centaines doivent encore exister, ndlr)

  3. Christian Bitard
    18 janvier 2009 at 0 h 33 min

    C’était juste une guerre inutile, car c’est inutile une guerre. (Phénomène très intéressant et très fréquent en littérature: le sentiment berçant de la symétrie et du rythme, le renversement des termes grammaticaux qui substitue à la vérité son impression clausulaire de perfection. Malheureusement, pour judicieux que soit votre renversement (un peu faible stylistiquement cela dit, relisez Montesquieu ou Stendhal, ils en sont friands; il n’en reste pas moins exempt de toute vraie réflexion. Vous dites en substance, que cette guerre est inutile car TOUTE guerre en réalité l’est. Vous pourriez dire par ce même raisonnement: cette proposition est fausse parce que, de toute façon toute proposition est fausse, façon élégante de ne pas avoir à expliquer pourquoi elle est inutile ni à argumenter. Vous auriez été, en 1938, du côté des « cons » dont parlait Daladier de son retour de Munich, ou les français avaient bradé la Tchécoslovaquie, et permis à Hitler d’assumer l’annexion de l’Autriche, pour la seule raison d’éviter à tout prix la guerre, parce que la première guerre mondiale était la « der des der » et que de toute façon « la guerre est inutile », ce qui avait, des dires des témoins, beaucoup fait rire Hitler. Plus généralement, lorsque les deux partenaires partagent un même désir pacifique, l’initiative de préférer la politique à la guerre est intelligente. Si vous êtes seul à la partager, et que celui qui est en face de vous ne joue pas selon vos règles, vous êtes idiot de préférer l’idéalisme pur, qui peut engendrer des atrocités, à un pragmatisme beaucoup plus moral, quoique moins glorifiant pour sa propre grandeur, ndlr)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *