France: fin du dialogue intercommunautaire juifs/musulmans

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) a décidé de ne pas poursuivre le dialogue avec les groupes français musulmans qui ont comparé l’opération « Plomb durci » à Gaza avec la Shoah.

L’Union des organisations islamiques de France (UOIF) a employé une rhétorique anti-israélienne tellement violente que le CRIF a décidé de rompre tout dialogue avec le groupe, précise le vice-président du CRIF Meyer Habib.

« Nous comprenons le soutien des musulmans pour les Palestiniens. Il est tout aussi naturel que le soutien des Juifs aux Israéliens », a admis Habib. « J’étais l’un des organisateurs d’une manifestation pro-israélienne de 15 000 personnes [durant les combats] ».

« Mais dans les manifestations [de l’UOIF], on pouvait lire des pancartes ‘mort aux Juifs’. Certains responsables d’organisateurs respectables ont comparé la politique israélienne au pratiques nazies pendant la Shoah. »

« Ces comparaisons sont dangereuses. Tant qu’ils ne s’excuseront pas – et je ne pense pas qu’ils le feront bientôt – nous n’aurons aucun contact avec eux. »

Au début du mois de mars, le président du CRIF Richard Prasquier a prévenu que l’opération à Gaza avait fait ressurgir une vague d’antisémitisme en France.

En janvier, le mois de l’opération, 352 actes antisémites ont été signalés dans l’Hexagone. Ils étaient au nombre de 460 par an en 2007 et 2008.

Parallèlement, un groupe de Juifs français a porté plainte auprès de Bobigny au nord de Paris contre une campagne appelant au boycott des produits israéliens dans les supermarchés de la ville.

La plainte porte sur « l’invasion des supermarchés de banlieue parisienne par des boycotteurs anti-israéliens », d’après une déclaration des groupes. Le langage utilisé dans les magasins Carrefour et d’autres supermarchés autour de Paris « incite à la haine contre Israël » et « à des actes antijuifs dans le pays ».

« Cette campagne de boycott devrait être considérée comme un crime discriminatoire et punissable dans la mesure où elle vise des produits cachères utilisés par les citoyens juifs », d’après plusieurs groupes dont le centre Simon Wiesenthal, le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA), le Secours français pour les sinistres d’Israël (SFSI) et le Conseil des communautés de Seine-Saint-Denis (CCJ 93).

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