Rama Yade: la France doit aller « coûte que coûte » à Durban II

La secrétaire d’Etat française aux droits de l’Homme, Rama Yade, estime que ce serait une erreur de boycotter la conférence de l’ONU sur le racisme, plus connue sous le nom de « Durban II », qui se tiendra à Genève du 20 au 24 avril.

Alors que le sujet était débattu à l’Assemblée nationale mardi dernier, Rama Yade a affirmé, lors d’un débat à Rennes avec l’éditorialiste Jean Daniel, que la France se devait de prendre part à la conférence malgré le fiasco de l’édition de 2001.

« Il faut rester dans la conférence et se battre », a-t-elle déclaré. « La pire des solutions serait de voir se concrétiser l’idée, évoquée par les boycotteurs, d’organiser une conférence concurrente », a-t-elle ajouté. « Il s’agirait là de la matérialisation du choc des civilisations. Le pire serait de croire que les droits de l’Homme sont des valeurs occidentales. Il n’y a pas d’un côté les valeurs occidentales et de l’autre celles du reste du monde ».

Rama Yade a souligné sa conviction que la France devait se rendre « coûte que coûte » à la conférence.

La précédente édition, qui s’était déroulée à Durban en 2001, avait tourné au fiasco, du fait notamment de la tentative de plusieurs États de faire reconnaître le sionisme comme une forme de racisme.

Rama Yade a néanmoins émis des réserves sur le texte préparatoire de la conférence, qui reste selon elle déséquilibré et trop proche de celui qui avait fait éclater la polémique en 2001.

« Nous restons dans la conférence, mais si nous sentons que ce n’est pas possible, nous en tirerons les conséquences et nous nous retirerons, non sans avoir expliqué les raisons de ce retrait, non par renoncement, non par défaitisme, mais parce que nous aurons tout essayé ».

La semaine dernière, à l’Assemblée nationale, le député UMP Claude Goasguen avait pris à parti le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, demandant que la France se retire de la conférence de Genève. « Je rappelle que les travaux préparatoires de cette conférence sont menés sous présidence libyenne. Chacun sait que la Libye est un pays expert en matière de droits de l’Homme. Le rapporteur est cubain, et Cuba est un autre pays expert en matière de droits de l’Homme », a-t-il déclaré.

Rappelons que les États-Unis, Israël, le Canada et l’Italie ont annoncé qu’ils ne se rendraient pas à Genève. L’Union européenne a menacé la semaine dernière de se retirer de la réunion si des changements n’étaient pas apportés au projet de document final.

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