Témoignage: les démocrates pro-palestiniens pris en otage par les islamistes

Par Le Blog Nomade, article paru sur RedacNomade.over-blog.com

Consternant ! Samedi dernier, je me suis rendu à la manif parisienne de République. Comme beaucoup, pour dire stop à la boucherie de Gaza, à ce terrorisme d’État qui s’exprime dans la plus grande impunité depuis plus d’un demi-siècle. (La volonté d’accuser les autres de ce dont ils ont été victimes est une caractéristique essentielle des techniques de déculpabilisation modernes. Évidement, toute guerre est désastreuse, et bien évidement, toute guerre entraine des morts, mais ce n’est pas leur exposition au médias qui font de cette guerre une « boucherie » et encore moins d’Israël un pays pratiquant le « terrorisme d’état ». Sinon, la France commettrait un terrorisme d’état en Afghanistan et en Afrique et l’Arabie Saoudite doit dire stop à la boucherie contre ses groupements terroristes qu’elle décime par milliers: pas d’image et de morts médiatisés, donc pas de condamnation. Cette logique imparable permet donc d’acculer un état de passion exacerbée, tout en oubliant le reste du monde, et fournit un défouloir dont ceux qui l’utilisent devraient se poser une seule question: génocide, crime de guerre, terrorisme, terrorisme d’état, boucherie, savez-vous de quoi vous parlez ?, ndlr)

Je souhaitais aussi me faire une idée des mouvements en présence. Et là, ça a été le choc ! Si je n’avais pas eu le projet de faire aussi quelques images, je serais probablement parti au bout de cinq minutes.
Arrivé à 16h à République, je n’ai pu voir la tête de manif : les officiels, les people de l’extrême gauche, les syndicats… Mais j’avais aussi peut être raté le pire : les supporters de Kemi Seba, le Parti des Musulmans de France, les mollahs et femmes en blanc du centre Zahra, les Indigènes de la République et leurs banderoles appelant au soutien du Hamas… bref, pas les plus modérés. Malheureusement, il y avait encore de la réserve.

Durant près de trois ou quatre heures, c’est au milieu des portraits de Nasrallah, des kalachnikovs des étendards du hezbollah et des slogans pro-hamas, que j’ai remonté la manif, avec un malaise grandissant.
Cheikh Yassine mis sur le même plan que Jean Moulin, des croix gammées partout nazifiant les symboles israéliens, des cris haineux, mais à peu près maîtrisés (on disait « sionistes » et non « juifs », et encore)… la manif était complètement prise en otage par les islamistes et leurs soutiens, exaltés par les « Allahou Akbar » des sonos. J’ai croisé les cortèges bien remplis de l’UOIF, de la Capjpo où se mêlaient, chaque fois, drapeaux jaunes du hezbollah et slogans islamistes. J’ai pu finalement filmer quelques pacifistes, un peu perdus et ahuris sans doute au milieu de cette agitation religieuse .

Les médias français étaient aussi la cible des manifestants, presque plus encore que les États arabes. Normal, nous ne pratiquons pas la propagande djihadiste des chaînes pyromanes arabes ! Je repense à ce responsable CSA que j’interviewais il y a quelques mois et qui m’expliquait les raisons de l’interdiction de la chaîne du hezbollah : Al Manar… Aujourd’hui, ce discours ne passe plus seulement par les paraboles, il est dans les rues de Paris, hurlé dans les hauts-parleurs !

Cette semaine, j’ai passé quelques coups de fil à des amis et journalistes de Casablanca. C’est la même consternation. Mais ici et là, naît un début de mobilisation des musulmans laïques, encore peu audible : le Manifeste des Libertés, la pétition de SOS libertés dans El Watan, les différents appels ou pétitions contre l’instrumentalisation communautaire, quelques personnalités ou intellectuels arabes… Enfin !

Pour les démocrates, les laïques, il n’est plus possible de défiler avec les religieux. Comme désormais avec le mouvement féministe, divisé en deux en France depuis l’affaire du voile, le mouvement de soutien au peuple palestinien doit également séparer le bon grain de l’ivraie. Les deux projets politiques, l’un laïque et démocratique, l’autre théocratique et totalitaire sont inconciliables.

Cette clarification nécessaire ne nuira pas à la solidarité en faveur des Palestiniens, bien au contraire.

Voici les images que j’ai prises ce samedi 10 janvier à la manif :

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