Les excuses d’intellectuels turcs auprès des Arméniens

Peu après sa mise en ligne sur Internet, une pétition à propos du génocide de 1915 avait déjà recueilli près de 8 000 signatures.

«Ma conscience n’accepte pas l’insensibilité et la négation du “Grand Désastre” qu’ont subi les Arméniens ottomans en 1915. Je rejette cette injustice et, personnellement, je partage les sentiments et la douleur de mes frères arméniens, je leur demande pardon.» Lancé lundi par deux cents personnalités turques, ce texte d’excuses montre que de plus en plus de Turcs sont contre la chape de plomb qui pèse sur les massacres commis pendant la Première Guerre mondiale.

«Il s’agit d’une revendication démocratique par rapport à l’histoire, pour reconnaître la peine des Arméniens et en finir avec l’amnésie de l’identité turque, explique le journaliste Ali Bayramoglu, un des promoteurs de ­cette initiative. Comme n’importe quel peuple, les Turcs doivent également être responsables des malheurs qui se sont produits dans leur société.» Cet ami de Hrant Dink, le journaliste d’origine arménienne abattu à Istanbul en 2007, précise que chaque mot du texte a été pesé afin que le plus grand nombre de personnes possible puisse s’y reconnaître : «Le terme“génocide”aurait rendu l’identification difficile pour certains.»

«Travail de mémoire»

L’État turc rejette le caractère génocidaire des massacres mais nie aussi que des centaines de milliers d’Arméniens – de 800 000 à 1,5 million selon les estimations – ont péri en 1915. Tout au plus seulement 300 000, et autant de Turcs, sont morts pendant des émeutes lors de l’effondrement de l’Empire ottoman, ou de maladies. «Des civils arméniens ont été contraints à une déportation massive, c’est certain, estime l’écrivain Nedim Gürsel, un des signataires. Il faut mener un travail de mémoire, l’État devrait présenter des excuses.»

Cette démarche de reconnaissance a immédiatement déclenché une contre-offensive des tenants de la version officielle. Soixante ambassadeurs à la retraite ont dénoncé une campagne «injuste, fausse et nuisible aux intérêts de la nation». «Personne n’a le droit d’insulter nos ancêtres» , a tonné Devlet Bahceli, le leader du Parti de l’action nationaliste. Mais le président de la République, Abdullah Gül, qui s’est rendu en septembre à Erevan, a déclaré que chacun pouvait exprimer son opinion librement.

1 comment for “Les excuses d’intellectuels turcs auprès des Arméniens

  1. Christian Bitard
    18 janvier 2009 at 0 h 34 min

    Et dans quatre-vint-quatorze ans, Israël présentera ses excuses au peuple palestinien ? (votre question comporte de façon sous-jacente une équivalence entre Israel et la Turquie et entre les palestiniens et les arméniens, ce qui est faux à tous les niveaux, sauf peut être celui que les palestiniens, tout comme les arméniens à l’époque n’ont pas d’État au sens propre. Cela dit, les arméniens ont ils menacé la sécurité civile des turques autrement que dans les fantasmes racistes turcs ? Ont-ils envoyé des kamikazes se faire sauter parmi les civils turcs ? Ont-ils eu une armée, comme c’est le cas pour le Hamas, bien que les lois nous forcent à l’appeler guerrilla, ou forces armées ? Ou bien alors étaient-ils seulement une population rasée et génocidée pour des raisons ETHNIQUES, et RACISTES, par des opérations visant l’anéantissement menée par des militaires sur une population civile sans défense ? Vous l’aurez compris, ce sont des questions rhétoriques, destinées à vous montrer tout ce qui se cache derrière votre question anodine qui se voulait être un bon jeu de mots, ndlr)

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